Cinq conseils pour un artiste, avant de s’engager avec un manager

Cinq conseils pour un artiste, avant de s’engager avec un manager

Like
145
0
samedi, 27 juin 2020
news
La chanteuse Anie Alerte/ Photo publiée sur la page Facebook de l'artiste, le 25 janvier 2019 
  

Depuis plus d’une semaine, l’échiquier musical haïtien est bouleversé par l’affaire Annie Alerte. Un esclandre s’est éclaté entre la jeune artiste et son équipe de management. La boîte de management artistique « Carisol Inc » qui gérait la carrière d’Annie depuis août 2017 aurait exigé la somme 45 000 comme clause libératoire et 50% de “royalties” sur toutes les chansons de l’artiste produites dans l’intervalle du contrat ; et ce, à perpétuité. Se sentant abusée, la jeune star qui dit n’avoir pas été bien imbue des clauses du contrat, crie au scandale.

Lors de son interview très émouvante avec Carel Pèdre, où on l’a vue s’expliquer avec des larmes aux yeux, Annie Alerte a livré sa propre version des faits. Alors que l’autre partie ne s’est pas encore exprimée publiquement, l’affaire a déjà à pris des tournants médiatiques considérables et suscité beaucoup de réactions et de commentaires sur les réseaux sociaux. Beaucoup de questions se posent donc : Pourquoi l’artiste a accepté tel contrat? Au regard des lois et conventions qui réagissent le management artistique, la compagnie a-t-elle le droit de lui imposer de telles clauses visiblement si contraignantes? Comment l’artiste parviendra-t-elle à s’en libérer? Autant des questions et de zones d’ombre que seule la justice pourra aider à y répondre et à y voir plus claire.

Espérant un dénouement heureux de cette affaire, Loop Haïti apporte, au-delà des questions qui se posent, cinq conseils aux jeunes artistes, avant de s’engager avec un manager.

Tout d’abord, essayons de définir le thème « contrat de management artistique ». Un « contrat de management » est une attente administrative conclue entre un « manager » et un artiste-interprète. La dénomination du contrat (contrat de management, contrat d’agent, etc. ou le titre de l’intermédiaire manager, agent d’artiste, imprésario, etc., est très variable et importe peu finalement . Ce qui est essentiel, c’est de mesurer la raison d’être et la portée du contrat que l’on signe avec cet intermédiaire.

1) Avant donc de s’engager l’artiste doit bien se renseigner sur la boite de production ou l’agent en question ; puis questionner sur la nature (type) du contact à signer : Est-ce un contrat de production, un contrat de licence, un de distribution ou un contrat d’édition? Car c’est la nature du contrat qui définit donc les limites de son exploitation. La nature du contrat est d’autant important parce qu’elle détermine grandement les responsabilités et redevances des deux parties.

2) Après avoir eu ces données et déterminé la nature du contrat, l’artiste doit se poser la question de la forme du contrat : Est-ce un contrat « Avec Exclusivité » ou « Sans Exclusivité ». Ce qui veut dire: est-ce que le manager ou la boite aura l’exclusivité sur les œuvres de l’artiste ou ne détiendra qu’une partie des droits, en fonction bien sûr des limites imposées par le dit contrat.

3) En suite, l’artiste se doit de se questionner la durée réelle du contrat et des classes libératoires (de résiliation). Est-ce donc un contrat à durée déterminée ou indéterminée? Notons que les contrats de management artistique à durée indéterminée ne se font presque plus dans le milieu de production. Et en plus, l’intéressé doit connaître les conditions de renouvellement du contrat. Car un contrat peut bien se renouveler sous les mêmes bases prédéfinies ou sous de nouvelles bases.

4) Par ailleurs, l’artiste doit étudier minutieusement et bien discuter toutes les clauses du contrat avec son futur manager ou boîte de production, avant de se mettre d’accord. Normalement après nombre discussions, le manager doit lui envoyer un draft du contrat avec les clauses clairement définies telle que discutées au préalable. Il est vivement recommandé de se faire conseiller par un juriste spécialiste des questions de droits d’auteur et artistique, pour mieux étudier les clauses du contrat et bien connaître les procédures juridiques à entamer, en cas de différends.

5) Une fois que les deux parties se sont mises d’accord, on peut donc passer la phase de signature du contrat. Toute fois doit relire attentivement les clauses avant de procéder la signature, qui doit se faire obligatoirement en présence des témoins. Il est conseillé que l’artiste se fasse accompagné de son avocat.

Si malgré tout, il y aurait des mésententes ou des différends, les deux parties se doivent se référer aux autorités compétentes, comme tel est décrit préalablement dans les clauses de gestion de conflit et de résiliation

share

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Open chat
Bonjour, comment puis-je vous aidez?

Faites moi part de votre demande!