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Haïti : un concours pour dénoncer le sexisme et le harcèlement sexuel

"J'appuie tout débat sur l'autonomisation de la femme", dixit Kettly Mars./ Estailove St-Val/LoopHaïti “J’appuie tout débat sur l’autonomisation de la femme”, dixit Kettly Mars./ Estailove St-Val/LoopHaïti

Le combat contre le harcèlement sexuel ne connaitra pas d’épilogue de sitôt. Du moins, pas tant qu’une seule femme – de quelque nationalité qu’elle puisse être – soit capable de prendre la parole pour accuser un tortionnaire masculin de l’avoir agressé, à un moment de la durée.

Si, ailleurs, des personnalités de tout acabit s’accaparaient des mouvements #MeToo et #BalanceTonPorc pour faire valoir leur point de vue, en Haïti beaucoup de voix autorisées se sont tues pour des raisons inconnues. Et c’est le « voile de ce silence qu’il faut déchirer », dit Kettly Mars, écrivaine haïtienne et présidente du centre PEN Haïti, peu encline à suivre l’actualité.

Mars qualifie ce mouvement de « planétaire » parce qu’il « permet aux femmes, affirme-t-elle, de prendre la parole sur des sujets jusque-là jugés tabous et traumatisants ». « Aujourd’hui, avec moins de difficultés qu’hier, elles font passer leurs revendications, frustrations, et tout ce qu’elles subissent actuellement dans toutes les sociétés en termes de sexisme, de harcèlement sexuel ».

Depuis le 8 février, l’institution qu’elle dirige a lancé un grand concours de « réflexion et de débat sur la condition des femmes en Haïti ». Il porte le nom de #hashtagpam ou #monhashtag. Pour y participer, les candidats doivent créer un hashtag et proposer une réflexion pertinente de 250 mots au maximum.

« Ce concours répond à un premier objectif : remettre le centre Pen dans l’œil du public, faire parler de nous », insinue l’écrivaine qui n’a pas ménagé ses mots élogieux envers les autres membres de la nouvelle équipe. Ensuite, elle entend inciter les jeunes femmes, mais aussi les hommes en Haïti à avoir une réflexion, un dialogue sur ce thème.

Par rapport aux buts fixés, « 8 mars tombe à point nommé », pense-t-elle. « D’abord, c’est le jour de la violence contre les femmes ; ensuite, c’est une femme qui gère actuellement le leadership du centre Pen. Deux faits qui se marient très bien ».

Kettly confirme que le centre commence à recevoir des textes très pertinents. Elle suggère aux autres intéressés de s’inscrire dans la démarche de création de leur propre hashtag à soumettre leur texte à l’adresse suivante : [email protected], jusqu’à 3 mars prochain. Les activités de clôture sont prévues pour le jeudi 8 mars au Centre Culturel Pyepoudre (Bourdon, Port-au-Prince).

« Le premier postulat du centre PEN c’est la liberté d’expression. Nous cherchons à allier cette liberté à la cause des femmes », précise la responsable qui dit appuyer tout débat sur l’autonomisation de la femme.

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