INTERNATIONALE

Une ambassade de France attaquée en Afrique

Régulièrement prise pour cible en Afrique, comme à Ouagadougou vendredi, la France a renforcé la sécurité de ses ambassades dans la région, engageant des travaux et mobilisant policiers et gendarmes d’élite pour protéger ses enceintes.

En revanche les cibles plus “molles”, dans le jargon militaire, comme les écoles, les commerces ou les restaurants assimilés par les agresseurs à la France ou un Occident honni sont trop nombreuses et diverses pour bénéficier du même degré de protection, et ont à plusieurs reprises été victimes d’attaques meurtrières.

Les groupes jihadistes appellent, depuis le début du siècle et plus particulièrement depuis le lancement de l’opération Serval au Mali en janvier 2013, à viser les intérêts français au Sahel et en Afrique de l’Ouest.

Les ambassades, consulats et centres culturels français dans la région se sont retrouvés en première ligne et se sont, au fil des ans, de plus en plus barricadés.

En janvier 2011, un Tunisien de 25 ans qui, selon les policiers maliens qui l’ont arrêté “avait la haine de la France”, a fait exploser une grenade dans la rue menant à la représentation française dans la capitale Bamako, sans faire ni victime ni dégâts.

Suivant les recommandations d’experts, notamment membres du Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) ou du Raid (forces d’intervention de la police), les murs d’enceinte ont été élevés et renforcés, équipés de miradors et de postes de tir, les entrées ont été dotées de sas blindés, les rues menant aux entrées ont été fermées à la circulation par des postes de contrôle des polices ou armées locales, chargées des premiers contrôles.

“La prise de conscience remonte quasiment au 11 septembre 2001”, confie à l’AFP Frédéric Gallois, ancien patron du GIGN. “Le quai d’Orsay a pris conscience de la vulnérabilité des ambassades dans certaines régions et a créé une sous-direction de la sécurité des emprises diplomatiques, auprès de laquelle des membres du GIGN et du Raid sont détachés”.

“Un plan de renforcement a concerné les ambassades les unes après les autres, ça a duré une dizaine d’années, pour s’assurer que l’ensemble d’une organisation de sécurité soit mise en place autour des ambassades les plus sensibles”, ajoute-t-il.

La doctrine, qui semble avoir fonctionné une fois de plus vendredi à Ouagadougou, “c’est la défense en cercles concentriques : multiplier les mesures de filtrage, du plus large jusqu’au dernier cercle, qui est celui de l’ambassadeur”, ajoute Frédéric Gallois.

Le GIGN a détaché auprès du ministère des Affaires étrangères trois cent militaires appelés Gardes de sécurité diplomatique (GSD) ou Chefs de Sécurité Opérationnels (CSO). Ils sont affectés à l’étranger pour une durée moyenne de 4 ans et assurent la sécurité de 93 postes diplomatiques, dans 85 pays distincts.

L’ambassade française à Ouagadougou était protégée vendredi, selon une source proche du dossier, par quatre policiers et deux gendarmes, qui sont parvenus à repousser les assaillants.

“Heureusement que, au moins pour l’instant, les agresseurs au Sahel n’ont pas les compétences et les moyens d’actions acquis sur les théâtre d’opération en Irak et surtout en Afghanistan”, conclut Frédéric Gallois, “sinon ce serait une catastrophe”.

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